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Politique de choix d’un nom de domaine (20 octobre 2005)

Le choix d’un nom de domaine est un élément primordial de la démarche de création d’un site web au même titre que le choix de la marque pour un nouveau produit. Il va en effet influencer la mémorisation de l’adresse du site, son accessibilité et éventuellement son positionnement dans les annuaires.

Dans une optique de réservation stratégique, le choix d’un nom de domaine devra souvent précéder la démarche de création du site proprement dite.

La politique de nom de domaine va englober le choix du ou des noms de domaines au sens strict mais également celui des suffixes utilisés.

Le choix du nom de domaine

Deux cas de figure sont à envisager, soit l’entreprise a déjà une existence avant sa venue sur Internet, soit il s’agit d’une création d’activité nouvelle sur le web.

Le choix du nom pour une marque ou société préexistante

L’entreprise possédant déjà un capital marque va tenter logiquement de profiter de sa notoriété en conservant son appellation.

Il est ainsi logique pour l’entreprise de vouloir simplement réutiliser son nom ou ses marques sous un ou plusieurs suffixes. C’est le cas le plus souvent rencontré (www.fnac.fr, www.peugeot.fr, www.decathlon.fr...). Les internautes ont tendance à essayer intuitivement des adresses liées au nom de l’entreprise.

Pour éviter une frappe au clavier fastidieuse et les risques d’erreurs qui y sont liés, une société dont le nom est long va devoir trouver une solution. Le raccourci utilisé devra si possible pouvoir être intuitivement lié à la marque ou à la dénomination sociale (il faut noter que l’utilisation d’un raccourci supprime normalement l’accès au domaine .fr).

La société Desjardins Financial Security s’est ainsi rabattu sur le nom de domaine www.djfsc.com... Cet exemple illustre la difficulté à trouver un nom de transition satisfaisant, libre et plus ou moins intuitif.

Les noms composés posent également un problème car un nom de domaine ne peut comprendre d’espace. Les deux noms doivent alors être soit accolés (www.renederhy.fr) soit séparés par un tiret (www.charles-jourdan.com). D’autres décident d’amputer une partie de leur nom afin de faciliter la mémorisation : ainsi la société Yvert et Tellier a déposé l’adresse www.yvert.com. Il n’est que trop conseillé dans le cas d’un nom composé de déposer les deux adresses (avec et sans tiret) afin d’éviter les pertes de trafic ou le cybersquatting...

La création ex nihilo

Il s’agit ici du cas de la start up Internet ou du lancement d’une nouvelle activité liée à Internet. L’entreprise bénéficie dans ce cas d’une plus grande liberté de choix et va pouvoir prendre en compte dès le départ les qualités nécessaires d’un nom de domaine. La réflexion sur le nom de domaine devra être un préalable au choix d’une dénomination sociale ou d’un dépôt de marque à l’INPI (institut national de la propriété industrielle).

L’entrepreneur ambitieux devra même réserver son nom de domaine en .com avant de déposer sa marque ou dénomination sans oublier de s’assurer de sa disponibilité sous le domaine .fr.

Les qualités d’un nom de domaine vont reprendre en partie celles nécessaires à une marque avec cependant des particularités . Un nom de domaine devra donc entre autres :

- être court (mémorisation et frappe au clavier)

- être si possible évocateur du service ou de l’univers (ex : www.business-village.com)

- être non ambigu au niveau de l’orthographe (exemple : le "h" aspiré de www.minhina.com)

- favoriser une apparition en tête de liste sur les annuaires (ex : www.abc-netmarketing.com ;-))

- adaptable au niveau phonique et orthographique à l’international (www.tolouer.com est devenu www.misterrent.com)

La multiplication stratégique des noms de domaine

Dans un certain nombre de cas, l’entreprise aura tout intérêt à multiplier les noms de domaines.

La couverture des marques

L’entreprise disposant de marques fortes doit leurs affecter des noms de domaines spécifiques (ou des déclinaisons sous forme de sous domaines qui ne nécessitent pas de nouveaux dépôts mais seulement une mise en place interne).

Peugeot a ainsi déposé et décliné entre autres : www.peugeot.fr, http://mondial.peugeot.com, www.peugeot-concours-design.com, www.musee-peugeot.com, www.clicpeugeot.com, www.forum-peugeot.com, www.peugeot-motocycles.fr...

Cette démarche indispensable sera d’autant plus nécessaire pour l’entreprise dont la dénomination est moins connue que celles de ses marques. C’était le choix opéré par Goto à ses débuts (Memoweb, Webearly, Tennis Elbow) qui avait créé plusieurs sites mono produit (ce qui permettait également de simplifier la navigation et la commande en allégeant le site) avant de les rassembler de nouveau sur leur site portail.

La prévention des erreurs

Le but est de faciliter l’accès des internautes en prévenant les fautes d’orthographe ou de frappe. Cette technique n’est pas réellement nouvelle car des entreprises l’utilisaient déjà pour leurs services Minitel.

En application de ce principe Dégriftour avait donc déposé : www.degriftour.com, www.degrifftours.com, www.degriftours.com et www.degrifftour.com avant de se faire déposséder de ces deux derniers noms de domaine...

La protection

La multiplication des noms déposés est également un moyen de se protéger des détournements ou du parasitisme commercial. Certaines entreprises auraient du y penser un peu plus tôt.

Ainsi depuis 1998, le site www.credit-lyonnais.com (après avoir un moment hébergé des jeunes filles charmantes et peu vêtues qui (hélas) ne travaillaient pas aux guichets de la banque française) n’est toujours pas la propriété de la banque française. Il en est de même pour www.france2.com et www.france3.com qui sont certainement les deux exemples les plus connus à l’heure actuelle...

La multiplication des extensions (suffixes)

Dans la mesure du possible, pour chaque nom de domaine le dépôt devra être au moins doublé avec un suffixe francophone (.fr ou tm.fr) et au moins le suffixe .com. Comme pour le nom proprement dit, la multiplication des suffixes va permettre de faciliter l’accès au site et de se protéger des concurrents éventuels.

Une société qui veut utiliser son site à des fins d’exportation doit dans la mesure du possible déposer son nom de domaine avec les suffixes correspondants aux marchés étrangers visés.

Certaines sociétés utilisent des extensions liées à des pays étrangers uniquement pour leur correspondances avec un acronyme reconnu de tous. La station de radio Skyrock utilise ainsi l’extension .fm (Fédération de Micronésie) et la chaîne de télévision TF1 utilise ainsi l’extension .tv (Iles Tuvalu) pour avoir des noms de domaine du type www.skyrock.fm et www.tf1.tv

Les noms de domaine basés sur des suffixes internationaux font l’objet de dépôts spéculatifs par des individus ou sociétés qui ne les déposent que pour les revendre. Cette activité (cybersquatting) est surtout pratiquée sur l’extension .com. Les noms avec suffixe national peuvent également faire l’objet de transactions entre différents titulaires d’une même dénomination sociale. Il existe d’ailleurs des sites de vente aux enchères de noms de domaine comme http://greatdomains.com/

Il convient de noter que la multiplication des noms de domaines et des suffixes utilisés n’entraîne évidemment pas une multiplications des serveurs ou sites. Les divers noms utilisés pointent souvent sur un site unique. Le coût de cette multiplication est donc relativement modeste pour une entreprise de taille moyenne aux regards des avantages qu’elle procure et des problèmes évités.